Tesla change d’ère : fin de route pour les Model S et X, le Cybertruck s’arrache à prix d’or

L’heure est au grand ménage chez Tesla. Le constructeur texan redessine son avenir, un virage stratégique radical qui passe par l’abandon de ses véhicules historiques pour laisser le champ libre à des projets profondément différents. Fers de lance de la marque et véritables pionnières sur le marché des voitures électriques de luxe, les Model S et Model X s’apprêtent en effet à tirer leur révérence. La division sud-coréenne de la firme vient d’ailleurs de fixer une date butoir claire et définitive. Après le 31 mars 2026, il ne sera plus possible de passer commande pour ces deux modèles, les ultimes acheteurs devant se contenter des stocks existants à travers le monde.

De l’automobile de luxe à la robotique
Ce retrait imminent s’explique d’abord par des chiffres de vente devenus implacables. L’année dernière, ces berlines et SUV haut de gamme n’ont pesé que 3 % des livraisons mondiales du constructeur. Ils ont été peu à peu écrasés par une concurrence féroce sur le segment du luxe, mais surtout par l’hégémonie interne des Model 3 et Model Y, des alternatives beaucoup plus abordables. Lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre 2025 en janvier, Elon Musk estimait lui-même que ces deux voitures méritaient une « sortie avec les honneurs » pour tout ce qu’elles ont apporté à l’industrie. Toutefois, derrière cette fin de carrière se cache une véritable révolution industrielle. L’espace libéré sur les chaînes de montage ne restera pas vacant : il sera directement réaffecté à la production de masse du robot humanoïde Optimus. Tesla voit grand et vise une cadence vertigineuse d’un million d’unités fabriquées chaque année.

L’ovni Cybertruck débarque en Europe
Pendant que les grands classiques s’effacent, le dernier rejeton de la gamme fait couler beaucoup d’encre de notre côté de l’Atlantique. Mastodonte d’acier de près de trois tonnes, affichant 5,69 mètres de long pour 2,40 mètres de large, le Cybertruck est pour l’instant inadapté aux routes européennes. Son poids colossal interdit de fait son utilisation par les simples détenteurs du permis B. S’il a bien fait une apparition remarquée en France lors du salon Vivatech fin mai, prolongeant son tour de piste hexagonal jusqu’à la fin juin, c’est aux Pays-Bas que le pick-up a refait surface de manière bien plus inattendue. L’entreprise néerlandaise d’importation Next Exclusives y propose à la vente un exemplaire à quatre roues motrices en finition « Foundation Series ». Le prix affiché donne tout simplement le vertige. Il faut débourser 356 950 euros pour s’offrir l’engin, un tarif stratosphérique justifié par les coûts d’importation depuis les États-Unis, les diverses taxes et les malus. Nous sommes bien loin des 79 990 dollars réclamés sur son marché domestique.

Un caprice risqué pour collectionneur averti
À un tel montant, l’heureux élu sera très certainement un riche passionné désireux d’être l’un des tout premiers propriétaires sur le sol européen, fort probablement pour exposer ce pick-up dystopique dans son garage plutôt que pour le conduire au quotidien. Il faudra néanmoins espérer que cet acheteur ait les nerfs solides. Commercialisé depuis la fin de l’année dernière outre-Atlantique, le véhicule a déjà essuyé de sérieux plâtres. Au-delà des étonnantes taches de rouille signalées par des clients américains dès cet hiver, le Cybertruck a surtout subi un rappel massif en avril. Environ 4 000 exemplaires ont dû repasser d’urgence par la case atelier en raison d’un défaut alarmant repéré par la NHTSA, l’Agence américaine de sécurité routière. Un blocage potentiel de la pédale d’accélération menaçait d’entraîner des hausses de vitesse soudaines et involontaires, augmentant drastiquement le risque d’accident. Une faille de taille pour ce monstre censé incarner la suprématie technologique du constructeur.

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