Tendances Mixologie : De l’ambiance clandestine parisienne au glamour californien

L’art du cocktail ne se résume plus, depuis bien longtemps, au simple contenu du verre ; il est devenu une expérience immersive où le décor et l’histoire jouent un rôle prépondérant. Que ce soit pour revivre les frissons de l’interdit dans la capitale française ou pour s’imprégner d’une élégance théâtrale outre-Atlantique, les entrepreneurs de la nuit redoublent d’inventivité. Focus sur deux établissements qui, chacun à leur manière, redéfinissent la sortie nocturne à Paris et à Palm Springs.

Un saut temporel dans le Paris des Années Folles

Pour les Parisiens en quête d’évasion, nul besoin de quitter le bitume du 11ème arrondissement. C’est ici, niché entre les stations de métro Oberkampf et Filles du Calvaire, que le Mobster Bar a ouvert ses portes. Ce projet est la suite logique de l’aventure entrepreneuriale des frères Javier et Francisco Lozano, déjà connus pour leur Mobster Diner. Délaissant l’univers du burger pour celui des spiritueux, le duo propose une plongée saisissante dans l’Amérique de la Prohibition.

L’expérience commence avant même la première gorgée : l’accès à ce speakeasy se mérite. Il faut d’abord pénétrer dans une cabine téléphonique vintage, véritable sas temporel, pour découvrir l’entrée dérobée. Une fois à l’intérieur, l’ambiance intimiste, soulignée par une décoration Art Déco soignée et une programmation musicale résolument jazzy, fait oublier le tumulte parisien.

Alchimie liquide et créations saisonnières

Côté bar, la carte se distingue par une maîtrise technique indéniable, oscillant entre classiques revisités et signatures audacieuses. Parmi les coups de cœur, le cocktail « A rhum Supreme » revisite le « El Presidente » avec une belle longueur en bouche, mêlant rhum brun, Lillet blanc, Grand Marnier et des notes de fraise et de vanille. Les amateurs de saveurs plus gourmandes se tourneront vers le « Vallejo », une alliance de Pisco, citron vert, blanc d’œuf et cannelle, tandis que le « Dizzy Gillespie », inspiré du célèbre Bee’s Knees, offre une fraîcheur bienvenue grâce au gin, basilic et miel.

L’innovation reste au cœur de la démarche des frères Lozano. Pour marquer la saison estivale 2020, ils se sont associés à la mixologue Audrey Ursule afin d’enrichir leur offre. De cette collaboration sont nés le « Citizen Kane », mariant pisco et liqueur de rose, ainsi que « l’Antidote », un mélange complexe de bourbon, confiture d’abricot et Cointreau. Les créations originales comme le « Santa Rosa », infusé au maïs rouge, ou le mocktail « 1492 » à base d’Inca Kola, complètent ce tableau gustatif varié.

Palm Springs s’offre une nouvelle icône du style

À plusieurs milliers de kilomètres de là, sous le soleil de la Californie, c’est une tout autre atmosphère qui voit le jour. Le célèbre Bar Cecil, restaurant incontournable de Palm Springs réputé pour ses réservations difficiles à obtenir, vient d’inaugurer son petit frère : Beaton’s. Ouvert le vendredi 2 janvier, ce nouveau lieu se positionne comme le complément idéal de son voisin, offrant un espace pour prendre un verre avant ou après le dîner.

John Janulis, copropriétaire de l’établissement aux côtés d’autres figures de l’hôtellerie locale, décrit Beaton’s comme un environnement de type « lounge » conçu pour prolonger l’expérience du restaurant principal. Situé dans le centre commercial Plaza Del Sol, le lieu s’inspire, tout comme le Bar Cecil, de la vision artistique de Cecil Beaton, célèbre photographe et costumier britannique.

Une esthétique flamboyante et une carte « snacking » raffinée

Visuellement, Beaton’s ne fait pas dans la demi-mesure et assume un esthétisme grandiose. Les banquettes en velours rouge capitonné côtoient un canapé surdimensionné en soie dorée et une moquette à imprimé léopard. Les boiseries artisanales servent d’écrin à une collection de photographies noir et blanc de célébrités, signées par des grands noms comme Terry O’Neil. Une terrasse-jardin couverte et luxuriante permet également de profiter des douces soirées californiennes.

Dans l’assiette, le chef Gabriel Woo a élaboré un menu spécifique de « salon snacks ». Loin des clichés de la nourriture de bar, on y retrouve des bao buns au canard rôti, des spaghettis bolognaise, ou encore des classiques réconfortants comme les « pigs in a blanket ». Ce nouvel espace, ouvert du mercredi au dimanche de 17h à minuit, permet ainsi de goûter à l’esprit du Bar Cecil — connu pour ses influences franco-américaines et son martini au caviar — dans un cadre plus spontané, célébrant l’individualité et l’art de vivre.